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Dr Devalois, farouche opposant à la liberté de la mort volontaire aidée

je relève ceci :

«Anne Bert, vérité médicale et faux-semblants médiatiques» Par Bernard Devalois
Le Figaro / Publié le 21/09/2017 à 16h28
TRIBUNE - Pour le médecin travaillant en soins palliatifs, il n'est pas question dans cette affaire de liberté de mourir mais d'assistance médicale au suicide.
Bernard Devalois est médecin, directeur du Centre de recherche et d'enseignement interprofessionnel bientraitance et fin de vie. Auteur des Mots de la fin de vie, Presses universitaires du Midi ; 2016.

Tous connaissent bien le Dr Devalois, catholique notoire, pour être un opposant violent à la liberté de l’aide à mourir par un suicide aidé, ou euthanasie, qui va contre sa croyance. C’est un adepte de la prolongation de la vie par la science, même s’il conçoit qu’on puisse demander à soulager des souffrances physiques, ce qu’il fait en soins palliatifs, mais pour lui la souffrance morale de se voir mourir à petit feu n’existe pas, puisqu’il est impossible de la soulager, hors mise en sommeil jusqu’à la mort (sédation continue qu’il refuse avant l’agonie proprement dite), puisqu’un croyant devrait être heureux de mourir et de s’ouvrir à la vie éternelle...

Qu’il y soit opposé pour lui même, c’est normal, ce sont ses idées, et je les respecte, mais qu’il l’interdise aux autres, est un manque de respect total vis à vis des français, héritiers de la Révolution qui a permis le suicide contre les préceptes de l’Église romaine.

Les Français sont nombreux à avoir abandonné ce genre d’idées induites par l’enseignement catholique, croyants quand même ou devenus athées. Il faut l’accepter. C’est la liberté républicaine.

Depuis quelques jours enfle la rumeur médiatique concernant la situation de Mme Bert et son témoignage concernant sa mort prochaine par euthanasie en Belgique.

Il apparaît indispensable d'apporter un certain nombre de précisions pour éclairer le débat.
La maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique) peut prendre différentes formes dont certaines conduisent à une paralysie complète des membres, alors que d'autres formes vont surtout conduire à des difficultés à ingérer la nourriture. Cette maladie peut aussi conduire à l'impossibilité de respirer sans assistance.
La cause que veut servir Mme Bert n'est pas celle de la liberté de mettre fin à ses propres jours mais bien un plus que discutable droit à recevoir une injection létale par un médecin.

Les deux vont ensemble :

Évidemment chacun est libre de se suicider, seul et sans accompagnement humain, à cause des lois liberticides, mais lorsqu’on est déjà très handicapée comme elle par la maladie (personne n’en parle, très curieusement… ) , comment faire ?

Comment obtenir les médicaments nécessaires ? on sait que le mieux ce sont les barbituriques, seul moyen doux de s’endormir sans se réveiller ? Mais c’est interdit en France…

Comment se faire accompagner sans que l’accompagnant ne soit accusé de non-assistance à personne en danger et se retrouve devant les enquêteurs, voire la Justice ?

Faut-il se jeter par la fenêtre ou se tirer un coup de fusil, se pendre ?

Faut-il absolument qu’un suicide soit violent ? Pour quoi ?

Pour perturber les autres, pour leur montrer que c’est « mal » de se suicider ?

Quel souvenir laisse-t-on alors ?

D’ailleurs son état de santé actuel ne le lui permet déjà plus. La seule solution est donc pour elle l’euthanasie (mort volontaire aidée par un médecin)

Elle subit déjà de lourdes paralysies et se déplace en fauteuil roulant. Elle ne peut pas manger seule. Elle a déjà accepté un certain nombre de soins, bien au-delà de ses premières idées. Elle est devenue totalement dépendante.

Rien lors des différentes apparitions médiatiques de Mme Bert ne permet de penser qu'elle est actuellement dans une phase terminale de sa maladie.

Mais qu’appelle-t-on phase terminale ? l’agonie des derniers jours ? Ou bien une large période dès lors qu’on se sait incurable et qu’on ne veut plus de cette souffrance morale de tous les instants ? Voire des souffrances physiques pas forcément bien soulagées.

Mais elle peut redouter dans un avenir plus ou moins proche être confronté à une telle situation.

Les progrès de la médecine palliative et les évolutions législatives récentes (loi de 2016) permettent désormais d'autres perspectives que de subir un acharnement thérapeutique insupportable ou bien de mourir dans d'atroces souffrances. Laisser croire le contraire serait une bien mauvaise action vis-à-vis de tous les patients qui sont atteints de SLA.

Mme Bert ne milite pas pour ceux qui veulent prolonger leur vie au maximum et elle les respecte totalement. Eux sont écoutés.

Ce qu’elle veut c’est que ceux qui sont opposés à ces idées puissent comme elle demander une aide au suicide ou euthanasie, alors qu’on refuse de les entendre.

Pour Mme Bert, comme pour tous les autres, le choix (évidement terrible) se pose entre accepter un maintien en vie par des techniques lourdes (assistance respiratoire et/ou nutritionnelle) permettant de prolonger la vie de plusieurs années, ou bien d'accepter la fin de sa propre vie, sans souffrances physiques, avec un apaisement psychique et un accompagnement incluant ses proches.

Bien entendu, il existe une alternative supplémentaire: décider de mettre fin de manière anticipée à sa propre vie. Cette liberté est offerte à chacun y compris à Mme Bert.

Bien évidemment non, sauf à AGIR EN CACHETTE comme le font nombre de français, citoyens ordinaires et médecins :

  • se procurer un médicament interdit, action susceptible d’être condamnée pour trafic de drogue,

  • se faire accompagner par quelqu’un qui peut être inquiété pour non-assistance à personne en danger (de mort) puisqu’il aidera pour son suicide, qu’elle ne peut déjà plus faire seule.

Présenter la situation comme liberticide est à l'évidence un abus de langage. FAUX
En fait la cause que veut servir Mme Bert n'est pas celle de la liberté de mettre fin à ses propres jours mais bien un plus que discutable droit à recevoir une injection létale par un médecin.

Mais uniquement sur sa demande exprimée et réitérée.

C'est cette question oxymorique du suicide mis en œuvre(aidé)par un tiers dont il est question en réalité. Nul n’en doute !

Quelques pays ont mis en œuvre ce qu'ils ont considéré comme des solutions acceptables à cette revendication.

La Suisse autorise de fait des associations à mettre en œuvre un suicide assisté par des bénévoles.

L'Oregon, suivi par d'autres États des États-Unis, a légalisé la Kill Pill, pilule fournie sous certaines conditions à des malades souhaitant pouvoir mettre fin à leurs jours au moment qu'ils choisiront.

Enfin les pays du Benelux ont mis en œuvre des dispositifs législatifs permettant de mettre fin aux jours de patients qui le réclament par le moyen d'une injection létale, pratiquée par un médecin.

Ils ont été suivis depuis dans cette voie par le Québec, puis par le Canada tout entier.

Mais ce qui pose un grave problème ( à qui ? aux catholiques pratiquants ? ) , c'est que ce sont des médecins qui doivent réaliser le geste létal à la place de l'intéressé.

On ne fera pas ici, faute de place, un bilan (qui serait critique) des quinze ans de pratiques euthanasiques en Belgique par exemple, mais il est singulier à bien des égards que Mme Bert mette en avant son projet de partir en Belgique (et non en Suisse par exemple).

Elle veut que ce soit un médecin qui mette fin à ses jours,

En Suisse, et ailleurs, ce sont toujours des médecins qui aident : obligation morale de soulager les souffrances, et si la mort est la seule solution possible pour le patient alors pourquoi refuser de l’aide ? Faut-il être imperméable à la compassion ? Au respect de l’autre ?

alors que rien ne le justifie sur un plan médical puisqu'

elle n'est pas en fin de vie ni ne semble présenter un tableau de souffrances réfractaires

(c'est-à-dire contre lesquelles la médecine serait impuissante malgré la mise en œuvre des moyens nécessaires).

Bien sûr que si : ses souffrances morales deviennent intolérables : se voir mourir à petit feu et attendre la mort pendant longtemps est insupportable pour elle. Quant à ses souffrances physiques liées à son état de santé, elles ne peuvent pas être entièrement soulagées.

Pourtant, la Belgique a toujours affirmé ne pas vouloir favoriser un «tourisme euthanasique».

L'embarras des médecins belges face à cette demande est d'ailleurs notable, car ils craignent que cet exemple ne crée un afflux de demandes qu'il serait complexe pour eux de satisfaire en respectant

la loi belge qui exige un lien durable entre le patient qui réclame l'injection létale et le médecin qui va la pratiquer.

Pourquoi parler à la place des autres ?

La Belgique est très satisfaite de ses lois qui fonctionnent fort bien, hors quelques médecins catholiques opposés au suicide, qui bénéficient par ailleurs d’un droit de retrait : seuls les médecins volontaires pratiquent l’euthanasie.

C'est l'honneur de notre société que de proposer à Anne Bert un soutien solidaire et fraternel face à une si terrible maladie. Est-ce le cas d'une assistance pharmacologique au suicide ?

OUI évidemment ! Puisque c’est cela qu’elle demande : RESPECT !

Je n’ai jamais considéré que l’obligation de prolonger sa vie avec la médecine puisse être considéré comme un soutien « fraternel » pas plus que l’obligation d’attendre une mort à petit feu, rien d solidaire là dedans si cele va contre ma volonté !

Pour moi, c’est une main-mise autoritaire sur mon corps, à mon corps défendant !

En fait, la seule demande à laquelle ne répond pas le dispositif français est la mise en œuvre par un médecin de son éventuelle décision de se suicider sans y procéder elle-même.

Contrairement à de nombreux raccourcis médiatiques, elle n'est pas privée de liberté de choisir (personne ne l'empêche de mettre fin à ses jours).

Elle a la garantie de mourir dans la dignité au vrai sens du terme (pas dans l'euphémisme qui utilise ce concept pour désigner d'une manière un peu hypocrite la mort par une injection létale effectuée par un médecin).

NON :La seule garantie de mourir dans sa propre dignité est celle de voir respecter sa propre éthique et non pas de subir celle d’autres personnes, médecins ou non.

Il s’agit de sa vie à elle, de nulle autre.

Elle a également l'assurance qu'aucun acharnement thérapeutique ne sera mis en œuvre, qu'elle pourra à tout moment renoncer à un traitement de maintien artificiel en vie.

Elle a la garantie que si son pronostic vital est menacé à court terme et qu'elle présente des souffrances réfractaires aux traitements elle pourra obtenir d'être endormie profondément et de manière irréversible (sédation profonde et continue).

Elle a aussi l'assurance que durant le temps qui lui reste avant d'en arriver à cette situation terminale tout sera mis en œuvre pour prendre en compte ses symptômes physiques et psychiques.

Elle a enfin la garantie d'être accompagnée, ainsi que ses proches, dans les mois à venir dans les épreuves difficiles qui s'annoncent.

Justement elle ne veut pas vivre ces épreuves difficiles ! ni des mois encore ! ses proches non plus !

C'est l'honneur de notre société que de lui proposer son soutien solidaire et fraternel face à la vulnérabilité induite par une si terrible maladie. Est-ce le cas d'une assistance pharmacologique au suicide ?

La mise en œuvre dans notre pays d'un tel dispositif législatif mériterait effectivement un vrai débat citoyen et non des amalgames simplistes.

Un tel débat permettait peut-être, au-delà de l'apparent intérêt de cette approche libertarienne, de mesurer la complexité pour une société d'encourager le suicide de certains de ses citoyens tout en cherchant à prévenir celui d'autres citoyens…

Depuis des années, des débats ont lieu sans issue, puisque la Médecine scientiste a jusque-là réussi à imposer sa loi :

  • prolonger les vies quel que soit l’ état de santé et la volonté de l’intéressé/e, quel qu’en soit le coût (c’est la collectivité qui paye via la sécurité sociale… )

  • imposer ses machines à vivre et ses médicaments via une industrie pharmaceutique toute puissante qui veut vendre ses produits à n’importe quel prix humain et financier.

NOUS VOULONS DONC TOUJOURS UNE NOUVELLE LOI, DU TYPE BELGE DE PRÉFÉRENCE :

droit d’être accompagné pour une mort volontaire, que ce soit sous forme de suicide assisté, ou sous forme d’euthanasie si le suicide n’est pas possible, ce dès que la personne ne supporte plus un état de santé devenu trop déficient et incurable.

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