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réponse à un article paru sur le site "internaute.com" bourré d'inexactitudes graves au sujet de l'euthanasie

http://www.linternaute.com/account/axelle-choffat-19370964

Euthanasie : définition et situation actuelle en France

Axelle Choffat, Mis à jour le 22/09/17 17:37

Axelle Choffat : Ex-apprentie journaliste à l'ESJ Lille et Science-Po, j'ai pigé pour du mag (L'Ecole des parents) et travaillé pour le web (Courrier international, Rue89, Lavoixdunord.fr). Passionnée de journalisme web, je reste curieuse de plein de sujets différents. Ça tombe bien : à Linternaute.com, je m'occupe de la rubrique Dossiers d'actu.

Définition, situation en France et dans les pays européens (Belgique, Suisse), arguments pour et arguments contre, découvrez l'essentiel de ce qu'il faut savoir sur l'euthanasie...

Que l'on soit pour ou que l'on s'y oppose, l'euthanasie ne laisse personne indifférent.

Dans nos sociétés contemporaines, le sujet revient régulièrement sur le devant de la scène et fait l'objet de nombreux débats. Des médecins aux responsables politiques en passant par les membres de la famille et les divers scientifiques, chacun a sa propre opinion sur l'euthanasie.

La difficulté est donc particulièrement grande pour les législateurs qui ont pour responsabilité de fixer un cadre juridique autour de l'euthanasie.

Depuis la loi Leonetti de 2005, plusieurs mesures ont été prises pour mieux encadrer et mieux définir l'euthanasie.

En 2016, sous le quinquennat de François Hollande, le Parlement adopte le projet de loi Claeys-Leonetti. Celui-ci clarifie les pratiques qui entourent la fin de vie en France.

Ajouter un paragraphe ici.

Mes remarques : d’abord je suis effarée par l’ignorance frappante de cette journaliste qui répète ce qui se dit dans les pires journaux sans avoir réfléchi assez longtemps.

tout le monde parle d’euthanasie sans personne ne soit d’accord sur le sens prêté à ce mot, exclu de notre législation pour les humains. Pas étonnant que personne ne soit d’accord…

Fixer un cadre juridique à l’euthanasie demanderait d’abord de préciser sa définition (c’est fait dans la loi belge) :

Les lois françaises sur les droits des patients ne parlent jamais d’euthanasie, que ce soit les lois Leonetti ou Leonetti /clayes.

Aucune mesure n’a été prise ni pour définir l’euthanasie, ni pour encadrer ce qui n’est pas défini !!!

Définition de l'euthanasie

Du grec ancien "eu" (bon) et "thanatos" (la mort), l'euthanasie décrit le fait d'avoir une mort douce.

Aujourd'hui, le terme fait référence à l'acte qui consiste à provoquer le décès d'un individu atteint d'une maladie incurable et en état de souffrance, psychologique et/ou physique, difficile à supporter.

Cet acte est souvent pratiqué par un médecin ou par un tiers.

Ceci est la définition de certains soins palliatifs qui ignore la parole du mourant.

Prise comme décision médicale indépendante de la volonté du mourant, il est évident que nulle éthique ne peut l’accepter.

La mort douce pour les grecs était soit de mourir dans son sommeil, soit de mourir en pleine activité, donc vivre jusqu’au bout en relative bonne santé.

La Belgique définit l’euthanasie comme le geste médical qui permet à une personne l’ayant demandé de manière réitérée et affirmée pour raison de souffrances incurables d’être aidée activement pour mourir.

La décision est celle de la personne mourante et en aucun cas celle du médecin, simple aidant respectueux de la personne.

L’acte ne peut être pratiqué que par un médecin. En aucun cas par un tiers (lequel ??? )

On distingue couramment l'euthanasie active (administration d'une substance létale pour provoquer la mort) et l'euthanasie passive (arrêt du traitement et/ou des soins qui permettent de maintenir une personne en vie).

 

FAUX

il y a longtemps qu’on ne parle plus d’euthanasie « passive », cela n’a aucun sens : un arrêt de traitements ou soins qui n’ont aucun impact positif est justifié par le médecin qui le constate avec son équipe.

C’est normal de cesser des prolongations de vie artificielles « déraisonnables » c’est -à-dire qui n’apportent rien au mourant.

C’est lutter contre le gaspillage des fonds destinés à la santé publique et remboursé par la sécurité sociale.

Euthanasie en France

La loi française condamne et interdit l'euthanasie sur son territoire.

De la même manière, le suicide assisté, forme nuancée de l'euthanasie, est lui aussi proscrit.

FAUX :

La loi française interdit le meurtre et punit l’intention de tuer.

Pour la loi française, l’euthanasie n’existe pas.

Le suicide assisté n’est pas une forme nuancée de l’euthanasie - belge , ce serait plutôt l’inverse : dès lors que la décision de terminer sa vie est celle du patient, il s’agit de MORT VOLONTAIRE (ou suicide).

Dans le cas de « suicide assisté », la personne n’est aidée que pour obtenir le produit utile, et elle est accompagnée par le médecin.

Il s’agit bien d’une mort volontaire.

Dans le cas de l’euthanasie belge, la personne, devenue incapable d’agir seule, décide de sa mort, mise en œuvre avec une assistance médicale pour lui injecter le produit létal.

Au niveau de l’éthique, il s’agit bien encore d’une mort volontaire de la part du mourant.

 

En 2005, la loi Leonetti instaure toutefois l'idée d'un droit au "laisser mourir".

Il s'agit de permettre à des médecins, réunis de façon collégiale, et avec le consentement des proches, de mettre en place un traitement antidouleur "qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger la vie".

Dans la loi Leonetti 2005, et sa variante Leonetti /Clayes de 2016 ,

c’est toujours le médecin ( et son équipe, le mot « collège » n’a ici aucun sens juridique)

qui décide de la vie de son patient, même si celui ci a écrit ses directives :

dans la dernière version, même si le médecin DOIT en principe respecter les directives anticipées, il peut s’y refuser soit en urgence, soit parce qu’il n’est pas d’accord…

Mais la loi demande aux médecins deux choses :

- l’obstination déraisonnable est interdite (mais non définie précisément)

- soulager la souffrance est le premier devoir du médecin, même si la mort peut en être un effet secondaire.

Euthanasie en Belgique

La Belgique fait partie des rares pays européens à autoriser l'euthanasie active.

De l'autre côté de la frontière franco-belge, "l'acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d'une personne à la demande de celle-ci", est encadré par la loi.

Plusieurs conditions doivent être respectées (conscience du patient au moment de la demande, situation médicale du patient qualifiée de "sans issue", etc.) pour que l'acte pratiqué par un médecin volontaire soit réalisé en toute légalité.

Tous les pays du Benelux (Pays Bas, Luxembourg, Belgique) ont permis aux médecins de soulager les souffrances comme le veulent leurs patients selon leur parole renforcée par leurs directives anticipées écrites,

donc si une personne demande à bénéficier d’une aide pour mourir, parce qu’elle n’en peut plus de sa vie de souffrances,

il est possible sous certaines conditions (souffrances incurables) de lui accorder cette aide.

 

Euthanasie en Suisse

Sans explicitement autoriser l'euthanasie, la Suisse a depuis quelques années légiféré sur certaines formes d'assistance à la mort.

Le pays tolère ainsi l'euthanasie passive et l'euthanasie active indirecte (toutes deux font l'objet d'une définition précise) tout en continuant de condamner l'euthanasie active directe.

En Suisse, il existe certaines associations qui proposent une aide ou assistance au suicide dans le cadre d'un "droit de mourir dans la dignité".

Seule l'association Dignitas ouvre ce droit aux étrangers venant en Suisse.

En 2011, une assistance au suicide fournie par cette association coûtait 10 500 francs suisses, soit 8 500 euros selon Franceinfo.

PAS D EUTHANASIE (définition belge) en Suisse : elle est interdite.

La Suisse n’a pas légiféré spécialement sur les fins de vie, autrement que, comme dans tous les pays occidentaux, de mettre la priorité sur le soulagement des souffrances plutôt que sur la prolongation d’une vie quel qu’en soit l’état de santé.

Simplement, il est d’usage en Suisse de considérer que la mort volontaire est un acte responsable et que chacun a le droit de se suicider. En conséquence, celui ou celle qui aiderait au suicide raisonné, sans y avoir d’intérêt, n’a aucun tort.

Les trois associations qui aident :

Dignitas, Life Circle, Exit international (qui accueillent des étrangers)

sont contrôlées activement :

elles doivent prouver le désir de mourir de la personne (demande écrite motivée , directives anticipées) son état de souffrances (dossier médical) et le fait que c’est bien la personne elle même qui a pratiqué l’acte du suicide (geste filmé par une caméra).

Après chaque décès, la police vient contrôler.

Le prix actuelle est d’environ 10000€, il couvre les consultations médicales, les frais de dossier, l’accompagnement psychologique et la crémation en Suisse (facultative).

Euthanasie et cas Vincent Lambert

L'affaire Vincent Lambert est, en France et en Europe, un cas emblématique des débats autour de l'euthanasie :

  • 2008 : Vincent Lambert, 32 ans, victime d'un accident de la route, se retrouve dans un état dit "pauci-relationnel" ou "état de conscience minimale plus".

  • 2008-2013 : Vincent Lambert reçoit des soins dans différents établissements, sans qu'aucun n'améliore son état.

  • 2013 : La femme de Vincent Lambert, Rachel, donne son accord pour cesser l'alimentation de son mari. La famille, informée quelques jours plus tard, s'oppose à cette démarche. Une longue bataille judiciaire s'engage.

  • 2013-2017 : Le cas Vincent Lambert navigue entre les différents tribunaux, Conseil d'État, Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), etc. Chaque décision qui bascule vers l'une des deux parties est contestée par l'autre partie. En 2015, la CEDH confirme l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert. Les médecins refusent d'appliquer cette décision. C'est un nouveau retour du cas Vincent Lambert devant la justice.

  • Juillet 2017 : Le Conseil d'État confirme une décision de la cour administrative d'appel de Nancy et autorise le médecin à reprendre la procédure de consultation pouvant mener à l'arrêt des soins.

FAUX :

le cas de Vincent Lambert n’est pas un cas d’euthanasie au sens de la Belgique:

il ne s’est pas exprimé par des directives anticipées et depuis son accident il n’a jamais pu s’exprimer, donc on ne connaît ses idées que par ses proches, qui affirme qu’il n’aurait jamais voulu de cette prolongation de vie artificielle dans le coma.

Dans ce cas, ce sont les médecins qui ont vu l’inutilité de leurs traitements et soins : aucune amélioration de son état, au contraire.

C’est le médecin et son équipe qui ont informé la famille ( sa femme) qu’ils allaient procéder à l’arrêt de ces machines à prolonger des vies artificielles, tout en le laissant grabataire et dans le coma, en raison de la loi qui interdit l’obstination déraisonnable.

Son épouse a donné son accord.

Malheureusement pour cet homme , le médecin a cru bon d’élargir la notion de famille à ses parents (qu’il avait rejeté pour incompatibilité de religion) et ses parents ont aussitôt interpeller la justice pour empêcher les médecins de faire leur travail et de laisser leur fils mourir, avec évidemment dans ce cas les soins nécessaires pour qu’il ne souffre pas.

Depuis c’est un feuilleton à répétition de la part de ces parents que je trouve indignes et qui se battent dans leur secte religieuse contre toute loi empêchant une prolongation indéfinie d’une vie artificielle, aux frais des contribuables, via la sécurité sociale qui paye.

Pour ou contre l'euthanasie ?

Le cas Vincent Lambert illustre parfaitement le combat qui oppose les individus qui sont pour l'euthanasie à ceux qui sont contre l'euthanasie.

Chaque partie affiche ses arguments

Le cas de Vincent Lambert ne peut rien illustrer de ce genre, puisque ce n’est pas un cas d’euthanasie (définition belge) mais un cas d’arrêt de traitements déraisonnables comme la loi le demande.

On se demande vraiment pourquoi on tarde tant à faire appliquer la loi.

 

Les principaux arguments pour l'euthanasie :
  • respecter la volonté du patient ;

  • éviter des souffrances inutiles.

Les arguments contre l'euthanasie :
  • il est interdit de tuer ;

  • risques de dérapages ;

  • les progrès de la médecine permettent de réduire l'intensité des douleurs et des souffrances.

Il faut d’abord définir l’euthanasie : pourquoi ne pas se rallier à la définition belge ?

Il s’agit donc alors de RESPECTER la volonté d’une personne de mettre fin à ses jours en étant accompagnée par un médecin.

Les demandes peuvent être agréées s’il s’agit de personnes incurables, dont les souffrances tant morales que physiques leur rendent la vie insupportable.

Il s’agit donc de respecter le suicide, liberté première de l’individu.

 

Ceux qui sont contre l’euthanasie parlent d’une euthanasie qui serait décidée par le médecin et non par le mourant, ce qui est hors de question partout !

Ils disent que toutes les souffrances peuvent être soulagées, ce que tout le monde sait FAUX.

Ils ont soi-disant peur de dérapages vers des meurtres, il n’y en a jamais eu ni aux pays bas, ni en Belgique, ni au Luxembourg… ni ailleurs …

Ce sont surtout des personnes opposées à la liberté de choisir sa vie, sa santé et sa mort, ceux qui veulent soumettre les autres à leur volonté : la vie à tout prix, tant moral que financier (les prolongations de vie rapportent beaucoup d’argent), pour des raisons de science, de bénéfices et parfois de religion.

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